04 décembre 2007

Homunculus

Hier le mal a ressurgi.

Comme si des cavaliers de plomb manoeuvraient dans mon ventre.

Deux semaines que les douleurs persistent.

Par chance, grand-mère la guérisseuse sera au village demain.

Sourire de grand-mère :

« Ce n’est pas d’un exorciste dont tu as besoin, mais d’une sage-femme ! »

Je mène pourtant une vie chaste.

Elle m’explique alors que les vents ou les feuilles peuvent nous choisir pour matrice alors que nous sommes immobiles, assoupis sur un flanc de colline.

gestation

L’accouchement fût rapide.

Grand-mère avait son assortiment de lames.

Une césarienne  et voilà ma créature entrant dans la lumière.

Quelle créature !

Simple tête impassible.

Grand-mère la plongea aussitôt dans un bain dont la recette est tenue secrète.

homunculus

Chaque jour je passe devant le bocal posé dans la cuisine.

Je ne peux soutenir le regard de cette tête.

Elle comble pourtant mon instinct maternel.

J’ose finalement questionner ma grand-mère qui s’apprête à repartir.

« Tu vois pourtant bien qu’il n’y a rien de vivant là-dedans, il faut l’accepter : nombreuses sont, parmi les choses que nous enfantons, celles qui se figent d’effroi à la première rencontre avec le monde ».

rouge

Je me répète sans relâche ces paroles pour chasser l’angoisse.

Posté par arthur deluxe à 13:58 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Homunculus

    C'est beau.

    Posté par fanfan, 22 janvier 2008 à 15:02 | | Répondre
  • Danke, Frau Begrief (slurp !).

    Posté par Arthur D., 23 janvier 2008 à 11:12 | | Répondre
Nouveau commentaire